Blind (test)

Deux articles par an, ça ne fait pas bien vivre un blog. Ceci dit, même en parlant par allusions ou à demi-mots, j’ai l’impression de me mettre à nu ici. Moi qui ne croyais pas être si frileuse, je dois l’être quand même encore énormément.

Bon le constat est clair: je galère! Je galère avec moi-même.

Je cherche encore et toujours MA voie professionnelle, celle qui m’attendrait les bras ouvert, celle qui a patienté gentiment que je lui prête attention, celle qui saute aux yeux mais que je ne vois pas (DMLA précoce + œillères? ), celle qui ferait que je n’aurai plus peur de voir le temps passer si vite, celle qui fera que le bon moment pour me lancer c’est maintenant!

Pourquoi consacrer tant de temps et d’énergie à faire des choses qu’on aime pas et non à celles qu’on aime (vous ne trouvez pas ça fou, vous?)? Par exemple, je peux être diplomate avec des personnes imbuvables alors que j’ai juste envie de leur dire f*** f*** f***, m’encombrer de tant d’objets alors que je me voudrais minimaliste, rester vautrée sur mon canap’ alors que j’adore faire du sport… J’ai passé tant d’années à me laisser encombrer par les autres, que je suis une handicapée de moi-même! Non mais au secours! (Et dire que là c’est moi la secouriste)

me myself and I…

J’écume les sites de développement personnel, les mantras, les blogs de celles qui ont trouvé leur voie, en espérant m’y trouver. Tout en sachant que ma recette miracle n’y est pas.

Je suis la reine de la paille et de la poutre! Autant dire qu’avec la DMLA précoce et les œillères, je risque pas mal de me prendre un mur!

A moins que… (c’est le moment instense de tension dramatique du récit) quand il nous manque un sens, les autres se développent davantage pour compenser. Et comme il semblerait qu’il existe bien plus que 5 sens, je peux peut-être compter sur les autres pour m’aider à y voir plus clair (hahaha)

Plus prosaïquement, le grand chambardement de ma vie commence tout de suite par le truc très glamour de trier mes papiers.

Trop hâte!

(Je suis une winneuse)

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Rendez-vous en terre inconnue…

La lumière est bien passée au travers des failles, c’est hyper lumineux d’ailleurs. C’est à dire que j’ai vraiment beaucoup de failles. Ceci dit, avancer avec la lumière dans les yeux n’est pas commode non plus! C’est aveuglant et paradoxalement, trop de lumière empêche de voir ce qu’on a sous les yeux. Bref, comme souvent dans la vie, les événements peuvent se comprendre différemment selon le point de vue que l’on adopte.

J’ai pu ces deux dernières années construire une vie sociale dans un environnement nouveau pour moi, mais rompre doucement avec le précédent, qui me manque encore; reprendre une activité professionnelle super enrichissante mais tout autant épuisante; reprendre confiance en moi, mais en soulevant de nouveaux doutes; rompre une relation de longue date puis croire en une toute nouvelle, tout à fait inattendue; éprouver de la peine pour les deuils à faire, mais de la joie pour tous les bonheurs présents et même ceux à venir; abandonner certains projets pour mieux me consacrer aux nouveaux; agrandir les failles de ma carapace même douloureusement et accepter de ressentir pleinement les choses.

Je prends vraiment ma vie en main (enfin je crois), non sans mal, mais en accord avec mes valeurs, mes goûts, mes aspirations. Je n’accepterai plus la culpabilité que d’autres essayent de me faire porter car je ne peux pas satisfaire leurs désirs.

Je vais vivre pour moi, parce que j’ai trop attendu déjà, aveuglée par ma croyance de devoir du bonheur aux autres et d’en mériter moins qu’eux (et aussi parce que je le vaux bien!).

Je suis désormais égoïste, parce que personne ne le sera pour moi.

Bonjour tristesse

Quand on se fait percer à jour, même avec bienveillance, ça fait mal. Pas vraiment vraiment mal, mais la carapace qu’on croyait étanche se fissure d’un coup. Ou alors on se rend rend compte de l’existence d’une fissure qui était visible de tous, sauf de nous-mêmes. On était juste étanche à soi-même. Et la lumière peut y entrer. Ou les ténèbres. Ou les deux à la fois. Je crois en fait qu’on se laisse percer à jour. Que personne n’est capable de vivre dans une carapace. Sauf peut-être une tortue (et encore parfois j’ai des doutes à ce sujet). Je suis malade de ne pas voir ces fissures et je me rends malade d’en avoir. D’être si lisible sauf à mes propres yeux.
Ma tristesse si profonde et si profondément enfouie ne l’est que pour moi, éblouissant les autres. Leur laissant des traces que là aussi je refuse de voir.
Alors que l’un s’arrête de marcher, paralysé par la tristesse, l’autre court pour la fuir. J’ai choisi de courir, mais elle est plus rapide que moi. Et elle m’a déjà rattrapée depuis longtemps. Je ne sais pas si je tiendrai encore longtemps à ce rythme sans faire de pause. Ou m’arrêter vraiment et l’accepter. Je lui fais des feintes, tente de me cacher et de faire des détours, mais elle est toujours là, elle me retrouve toujours. Je suis seule à croire que je prends le dessus sur elle. Comment l’accepter, si cela veut dire accepter la maladie de mon fils, qui le ronge un peu plus chaque jour? Mais c’est un combat perdu d’avance. Ma seule arme contre la maladie, c’est d’oser croire que la vie peut-être encore belle. Oser laisser entrer la lumière.

l’entretien

Je suis en train de chercher du travail. Pas que j’en manque, mais j’ai envie/besoin d’avoir une activité salariée. C’est une période un peu trouble, trop de doutes sans doute mais assurément pas assez de certitudes pour être sûre de savoir vers quelle voie me tourner. Bref je cherche, j’envoie des candidatures, je passe des entretiens.

(bon OK j’ai passé UN entretien)

Take a deep breath

J’ai le goût du drame. Sur ma radio des poumons nickel, il n’était pas question de tâche. Enfin pas sur les poumons en tout cas. Et moi, dans ma panique, je n’avais rien compris.  Je me voyais morte d’un cancer des poumons fulgurant dans les 2 mois. Ceci dit, je n’ai pas fait le tour de tous les organes.

Durant les 2 semaines qu’a duré cette torture mentale, je n’étais disponible pour rien d’autre quasiment. Je serrais mes enfants dans les bras comme pour la dernière fois. Alors dans l’absolu, c’est plutôt bien de garder en tête que tout peut s’arrêter -BAM!- sans prévenir là maintenant. Mais c’est juste l’horreur cette sensation de mort imminente, c’est tellement de stress qu’il est difficile de profiter. Et ceci pour tout le monde. Mes loulous n’ont pas dû y comprendre grand chose.

C’etait ma parenthèse (pas enchantée), mon congé maladie virtuel d’une fatigue bien réelle, mon coté Monk.  Mais je reprends du service bien volontiers. Et pour longtemps siouplé.

la lutte

Cet été a été particulier. Le premier que je ne passais pas 24h/24 avec ma tribu. Ce qui m’a permis de faire une profonde introspection. Mais alors soit je suis un puits sans fond et je n’ai pas encore aperçu le reflet de lune dans l’eau qui dort, soit je suis allée dans la mauvaise direction. Bref ça n’a pas été très concluant.

J’ai aussi pour la première fois fais un long trajet toute seule en voiture, sans le blabla continuel de trois têtes blondes pour me tenir éveillée. C’était très étrange. Tout comme ce dernier village traversé avant d’arriver chez moi à 2h du matin. Tout noir, pas le moindre éclairage public, personne dans la rue, aucune maison ne semblait habitée. A tel point que je me suis demandée si un couvre-feu n’avait pas été décrété pendant que je traversais la Suisse. Et si j’avais franchi une faille spatio-temporelle ? Et si je me retrouvais en zone de guerre ? J’ai même hésité à éteindre mes phares.  Et si à cause de mon imprudence, tout un village allait être rayé de la carte ? Et puis au final non, ce n’était qu’une commune qui éteint l’éclairage public au cœur de la nuit et une fois arrivée chez moi tout était normal. Le lampadaire était toujours là au coin de la maison, éclairant le tout d’une lumière orangée. Je me suis garée dans la cour qui semblait à l’abandon, les herbes folles avaient envahi l’espace. La maison sentait le renfermé; le délaissé. C’était pas comme les autres fois. C’était glauque et peut-être plus vraiment chez moi déjà …

En me brossant les dents dans la salle de bain j’ai senti comme des démangeaisons dans le bas des jambes et là horreur : des puces !!! DES PUCES !!!! Moi qui venais de me débarrasser des poux qui avaient élu domicile sur la tête de mes fils, je me suis lancée dans la traque aux puces dans toute la maison. Tout d’abord identifier l’ennemi. Le piéger dans des bassines d’eau savonneuse. Ah la vache, il y en a plus que je n’imaginais. Choper la chatte, la traiter. S’entendre dire que s’il y a des puces, il y a souvent des vers. La vermifuger aussi. Traiter la maison au fumigène contre les puces. Mais avant ça : dégager l’espace (et si je rangeais en même temps ?), trier (pourquoi ranger des choses dont il vaudrait mieux se séparer ?), aspirer; protéger la vaisselle, vider les tiroirs de nourriture, se rendre compte qu’il y encore des spots à mites alimentaires, en profiter pour jeter ce qui est contaminé, changer les pièges à phéromones, aspirer, laver, traiter au fumigène, réaspirer, relaver, tout remettre en place. Se rendre compte qu’on a mal estimé le volume à traiter. Recommencer à l’étage. Finir au bout de quelques jours complètement lessivée. S’attaquer au jardin. Se rendre compte que les limaces s’en sont chargées avant moi. Lutter contre les limaces. Pourquoi ces fichues bestioles ne mangent-elles pas le liseron et les pissenlits ? Lutter contre le liseron et les pissenlits. Oublier des fruits dans la cuisine. Les retrouver couverts de drosophiles. Lutter contre les drosophiles … Et le soir venu, contre les moustiques. Est ce que le monde vivant s’est ligué contre moi ?

La liste de nos luttes est longue et j’ai l’impression que la vie est un combat permanent. On lutte pour ne pas avoir faim, pas trop chaud l’été, pas trop froid l’hiver. On lutte contre l’humidité, la poussière (oui bon), on lutte contre la maladie, la bêtise humaine, le sentiment de solitude, la peur paralysante, contre les kilos qui s’accumulent (un par an ça fait 20 en 20 ans, c’est mathématique), contre l’hyperactivité pour ne pas penser, on lutte parfois contre des faits qu’on devrait accepter, contre la peur de l’autre, on lutte pour trouver un job, sa place, l’amour. Toute notre énergie y passe. Mais tout ça c’est rien et c’est tout à la fois, c’est la vie et je crois que je l’aime. Je l’aime profondément. Je l’aime tellement que je laisse parfois quelques salades aux limaces, une partie du jardin au liseron, des étagères accueillantes à la poussière, une maison entière au désordre. Par contre je ne sais pas quoi faire de cette incessante lutte contre moi-même …

 

 

A bout de souffle…

Après une longue pause estivale, qui correspondait surtout à une reprise du boulot, je reviens par ici. Pas au mieux de ma forme je dois dire. Pleine d’angoisses même. J’ai eu 3 mois riches professionnellement parlant, rencontré des jeunes intéressants mais abîmés par la vie et côtoyé des collègues de travail que j’aurais aimé avoir connu plus tôt. Comme vous le savez, la reprise d’un emploi s’accompagne d’une visite médicale d’embauche. Et d’une radio des poumons. J’ai fait la mienne fin juin, mais un peu par oubli et beaucoup par lâcheté, je ne suis allée la chercher que la semaine dernière. Elle n’est pas nickel. Il y a une tache. Je meurs de trouille. Je me suis adressée au cabinet radio et au médecin du travail, car je n’ai eu aucune nouvelle de leur part. D’après eux, il n’y a rien d’inquiétant. Sauf que ça serait bien que je fasse d’autres clichés quand même. Sauf que eux ne m’ont rien dit pendant deux mois. Put** une tache!

Je me vois déjà morte. J’ai peut-être un peu le sens du drame, mais j’ai aussi le souffle court depuis une semaine, des douleurs au thorax  et une trouille d’enfer. Et j’ai aussi un passé de fumeuse.

J’espère que ce n’est rien, qu’une ombre ou un avertissement. Mais si ce n’était pas le cas, mes 4 enfants chéris, je vous en demande pardon d’avance.